
La réserve cérebrale
Beaucoup de scientifiques émettent l’hypothèse d’une “réserve cérébrale”. Ce concept est né de l’observation de contradictions entre la pauvreté de symptômes des patients et l’étendue de leur lésion cérébrale suite à un accident vasculaire cérébrale (AVC) ou une maladie neurologique dégénérative.
En effet, certains patients venant d’un milieu professionnel ayant des responsabilités complexes ou ayant un coefficient intellectuel élevé présentent des difficultés cognitives à un âge avancé malgré la mise en évidence à l’imagerie de lésions cérébrales de maladie d’Alzheimer. En d’autre termes, les symptômes de la maladie s’expriment peu et tardivement jusqu’à un certain niveau avant de décompenser.
Mais peut-on influer sur cette réserve cérébrale?
Il semble que c’est l’ensemble du parcours de vie qui détermine l’ultime phase de vieillesse. Voici une liste non exhaustive de ce qui peut jouer sur ce capital cérébral:
-une sous-nutrition pendant la grossesse
-un petit poids de naissance
-une croissance ralentie durant les 2 premières année de vie
-un faible niveau socio-économique de la famille durant l’enfance
Ces paramètres ont une tendance à diminuer la réserve.
A contrario,
-avoir une fratrie de taille réduite
-avoir une croissance en taille supérieure à la normale
-avoir un milieu familial aisé ou intellectuellement stimulant
favoriseraient la création de neurones et synapses (connexion entre les neurones).
A l’instar de l’épigénétique, on en conclut que en santé, l’environnement a toujours un rôle modérateur des déterminismes.
Par environnement, on entend, l’alimentation qui doit être adéquate, la pollution réduite à son maximum, l’éducation et le niveau socio-économique qui doivent être stimulants afin de pouvoir constituer une bonne réserve cérébrale.
Ces paramètre jouent un rôle majeur durant la première partie de vie d’une personne mais restent importants tout au long de la vie. Conserver une activité mentale riche (diversifiée et dense) tout au long de sa vie permet de recruter plus facilement les réseaux cérébraux accessoires en cas de défaillance d’un circuit. Et je ne peux que vous y encourager car les bénéfices une fois âgés sont certains: maintien de la confiance en soi, maintien d’une vie sociale et donc maintien de sa qualité de vie.
Certes c’est un pari que de se dire de prendre le temps de maintenir son activité mentale aujourd’hui pour la fin de vie. Mais à la vue de ces éléments, étant donné que si sur le plan cognitif, la fin de vie est le reflet de notre parcours de vie, c’est une invitation à faire de chaque jour un feu d’artifice psychique.